15 avril 2010

Basic delight

Jusqu'à maintenant, lorsque je me rendais à ce cours, j'avais toujours pesté contre ce grillage qui me faisait contourner le parking et donc, me faisait perdre du temps. Pourquoi donc n'installaient-ils pas une porte du côté où j'arrivais, ce qui me permettrait de couper à travers le mini bois, plutôt que de le contourner, puis de retraverser le parking en me frayant un passage entre les nombreuses voitures qui attendaient là. Sérieusement, ce bois était inutile.
C'était ce que je pensais, en hiver. Il faisait froid, gris, et les arbres ressemblaient à des fourches déformées et plantées dans un tapis de feuilles mortes. Sans soleil, le monde nous apparait soudainement terne, inutile et hostile. Et puis il y a eu la neige, qui n'a pas franchement amélioré la situation. Du gris, du blanc, de la fatigue, le décor n'avait jamais semblé aussi vide.

Migraine. Je sors, remonte le couloir glacial et me cale tranquillement sur le radiateur, juste devant la fenêtre. Il a encore neigé ce matin. Je contemple le bois du premier étage. Blanc, pour changer. Le jour n'allait pas tarder à tomber, jetant une ombre sur ce décor stérile. Mais, juste avant, le moment magique. Ce moment qu'on ne peut saisir qu'au hasard, ou à l'issue d'une patiente attente. Ce moment où le ciel s'illumine, peut-être pour la première et dernière fois de la journée, de chaleur. Les nuages s'accrochent à l'horizon, et les doux rayons viennent réchauffer la terre morte. L'éther orangé, strié de rose et de jaune fait briller la neige, allonge l'ombre des arbres et libère une joie contenue dans ma morosité. L'espace de trois minutes, j'étais tout simplement au pays des nuages, chaud et confortable, émancipée de toute contrainte de temps, de travail et de comédie, envers moi-même comme envers les autres.

Le soleil est revenu, désormais. Plutôt craintif, il redécouvre les lieux et au terme de quelques jours d'exploration, retourne se cacher pour faire le point. Les bourgeons sont aussi réapparus. Minuscules promesses de renouveau, le vert tendre laisse entrevoir une couleur plus franche. Encore ce grillage à longer, mais le soleil est de sortie aujourd'hui. Au pied de l'un des arbres, quelqu'un. Adossé au tronc, assis sur un matelas de feuille, l'inconnu prend tranquillement le soleil. Il y a de ces moments, magiques eux aussi, qui semblent nous attendre.

1 crocs de pomme:

loute jalouse XD a dit…

Ouinnnnnnn ! Je suis trop jalouse de ton style si mature, je l'adore vraiment !!!! Mais, maintenant que je sais comment poster, je vais te harceler pour te motiver encore plus !!!!