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04 février 2013
Epiphany
30 septembre 2012
Le crépitement régulier de la pluie n'en finissait plus. Les premières gouttes avaient commencé à tomber en début de soirée, et la nuit était désormais bien installée. C'était comme les giboulées d'été : une trombe d'eau qui se déverse soudain sur les toits et qui vient frapper le rebord de la fenêtre, à la seule différence qu'elle dure encore et encore. La pluie est souvent associée - à tord - à la tristesse, mais elle a quelque chose de rassurant pour moi. Peut-être était-ce dû à l'habitude d'entendre ce son pendant les nuits d'orage, sur le velux, depuis que je suis toute petite? J'avais l'impression d'être protégée de tout, de l'autre côté de la vitre, que le ciel pouvait cogner de toutes ses forces dessus, elle ne céderait jamais. Ou serait-ce dû à ces orages d'été qui nous avaient surpris si souvent, et qui se transformaient toujours en grandes séances de fou rire à cause de nos déboires, noyés sous des litres d'eau? J'en ai gardé l'envie parfois irrésistible d'aller courir et danser sous la pluie, pour retrouver ces moments d'insouciance et de bonheur si simple.
Peut-être un peu des deux. Puis avec le temps, j'ai commencé à apprécier ces petits moments où la météo n'en fait qu'à sa tête, et nous confine chez nous. Une manière de nous prouver que la nature ne se contrôle jamais totalement, et de nous inculquer un minimum de patience. La pluie ne me procurait plus seulement - et indirectement - un sentiment de sécurité, ni même de patience : la photographie affine le regard tout autant que les sens. Car lorsque la pluie tombe, c'est comme si le temps se suspendait. Le ciel qui s'obscurcit soudainement, ce rideau qui altère les couleurs, la température et cette odeur de terre mouillée qui n'étaient pas là deux minutes avant. Le vent secoue les arbres et caresse l'herbe qui se transforme en une mer vert acidulé aux reflets métalliques.
Et, finalement, les gouttes d'eau se raréfient, l'écran gris des nuages se déchire pour laisser passer la lumière ; le tic tac de l'horloge se fait de nouveau entendre.
Et, finalement, les gouttes d'eau se raréfient, l'écran gris des nuages se déchire pour laisser passer la lumière ; le tic tac de l'horloge se fait de nouveau entendre.
16 mars 2012
Nothingness
Elle renoue son écharpe, en prévision du froid à l'extérieur. L'hiver s'est enfin installé, et se manifeste glacialement. La porte franchie, le dernier au revoir lancé, elle s'engouffre dans un autre monde. A sa grande surprise, il fait bon dehors. Le vent s'est calmé, cessant de harceler les marcheurs. Il et encore trop tôt pour qu'il fasse jour, mais également trop tard pour que le oiseaux dorment. Elle marche entre les arbres qui se déshabillent progressivement. C'est l'heure perdue entre deux moments, l'instant qui n'a pas de nom. Le ciel est voilé, pas d'étoiles à voir ce soir. Elle traverse un grand parking, désert. Une canette roule par terre, créant un vacarme assourdissant. Elle passe devant de grands bâtiments vides de vie eux aussi. Le sommeil a plongé le monde dans une torpeur, et elle se fait le témoin de ce spectacle inanimé. La ville est comme morte, sous les lumières blafardes.
La nuit commence.
22 mai 2011
Feelings
J'ai promis. Parce qu'il aurait été vain de lutter, parce que ç'aurait apporté plus de souffrance qu'autre chose. Alors je me suis tu, et tout au fond de mon cœur, je leur ai donné ma parole. Quoiqu'il m'en coûterait, je ne quitterais pas ce rivage, je ne me laisserais pas sombrer dans la tristesse... Je me souviens de cette nuit-là! Je les ai vu partir, sans pouvoir rien faire. Trop de peine, si j'osais ouvrir la bouche pour les appeler; trop de douleur si je m'élançais pour saisir leurs mains ; trop de déception en conséquence, puisqu'il ne pouvait en être autrement. Ils partaient et me laissaient, seul. Ma sœur, ma merveilleuse Europe, m'avait été arrachée. Et c'est pour cet enlèvement que mes frères m'étaient arrachés à leur tour. Pourquoi m'abandonnaient-ils? Pourquoi ne pouvais-je partir avec eux, et venger notre sang, à leur côté? Sordide réalité.
Tous partis, comme des voleurs. Seul. Ils m'ont abandonnés, tous sans exception. Qu'est-ce qui me rattache encore à ces terres? Les oiseaux? Mes souvenirs? Ma langue? Je peux bien les emporter avec moi. Mais il y a bien une chose qui m'enchaine ici, une seule : leur absence. À quoi bon rester si c'est pour prétendre à être heureux, simplement parce que je leur ai promis? Impossible, impossible. Le vide qu'ils laissent derrière eux est trop grand, trop envahissant pour que je puisse m'auréoler de joie. Lui aussi, tente de me retenir. Pourquoi tant d'acharnement? Certes, il m'a enseigné la vie. Mais il ne peut me donner le bonheur. Personne ne peut me rendre cette paix, il faut que j'aille la chercher moi-même. Je partirai.
19 février 2011
The walk to nowhere
La lumière brumeuse arrosait le sol d'une infinité de petits reflets orange. L'air, calme, ne laissait pas place à la moindre petite brise. De chaque côté de la rue se dressaient deux colonnes d'arbres, ombres intrigantes dans la pénombre ambiante. L'eau gouttait de leurs doigts crochus, donnant vie à une symphonie de clapotis sur l'asphalte luisant. Vide. Le monde est vide.
Seul compagnon de cette promenade nocturne, l'écho de mes pas sur le sol. Claquement sec et régulier, qui remplissait ces espaces abandonnés. La fraicheur emplissait mes poumons et chaque inspiration semblait me gorger de vitalité. Capter cet air pur, encore plus, pour me vider de toute cette pollution accumulée durant la journée. Revivre par ce geste instinctif qui nous assure la vie.
Ce tête à tête avec le néant avait quelque chose de reposant. Toute angoisse balayée par le vent inexistant, la vacuité du monde exaltait de sérénité. J'étais seule, face à moi-même, face à l'univers et face à ma liberté. Poursuivant ma balade vers nulle-part.
16 janvier 2011
Words
Ils sont là, tapis au fond de soi. Serrés, amoncelés, entrelacés. Mais pas immobiles, non. Ils vivent à l'intérieur, grondent et murmurent, impatients de s'échapper. Un frisson. Il faut garder le contrôle, ne surtout pas laisser ce flot s'élancer sans but. Le geste perdrait toute sa beauté comme elle perd toute son énergie dans ce saut vers nulle part.
La première phrase s'évade, légèrement étranglée. Lancée loin, le plus loin possible pour que ce premier obstacle n'ait pas l'occasion de ficher ses crocs dedans. Les autres tournoient, bouillent en attendant leur délivrance. Battements féroces, qui ne cesseront pas, ébranlent l'âme et secouent les os.
Tout disparait alors ; grand vide. Mais ils sont là, tout autour, résonnent et reviennent. Pour me réchauffer de leurs sens...
05 novembre 2010
Addicted
La fumée s'élève, se déchire, évolue en volutes qui s'estompent progressivement.
Disparus tracas, pression, angoisse, doute et découragement. Remplacés par cette force profonde, diffuse...
Le soleil est là, réchauffe l'ambiance, rehausse le dégradé des arbres, et redonne le sourire. Satisfaction du travail accompli, souligné par la reconnaissance dudit travail. Des rires ; des présences, rassurantes. Et ce regard, et ce sourire...
Comment peut-on imaginer vivre ne serait-ce qu'un instant sans ce shot? Tellement grisant, si facilement enivrant... Le bonheur, tout simplement.
Disparus tracas, pression, angoisse, doute et découragement. Remplacés par cette force profonde, diffuse...
Le soleil est là, réchauffe l'ambiance, rehausse le dégradé des arbres, et redonne le sourire. Satisfaction du travail accompli, souligné par la reconnaissance dudit travail. Des rires ; des présences, rassurantes. Et ce regard, et ce sourire...
Comment peut-on imaginer vivre ne serait-ce qu'un instant sans ce shot? Tellement grisant, si facilement enivrant... Le bonheur, tout simplement.
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