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06 juin 2012

Chasing the sun

 'Good Morning England!' at Canterbury.
5/6/12 ©Loony



Le bout de mes chaussures commençait à prendre l'eau, à cause de l'herbe mouillée. Je rentrais chez moi, alors que le jour commençait à poindre. Mais ce n'était pas la faible lumière blafarde à laquelle j'avais le droit depuis quelques jours, mais une douce lueur qui venait réchauffer le ciel.

Une lumière rose et orange.
Le ciel en est rempli, comme dans une aquarelle dans laquelle les couleurs s'étendent et se mélangent voluptueusement. L'appareil photo quitte le cocon de mon sac pour rester greffé à ma main et rivé à mon œil. Nos pas nous portent jusqu'à la lisière du campus, là où les bâtiments sont couverts de fleurs. Il faut tourner sur la droite, et longer la route pour se retrouver sur un petit chemin entouré de champs. Au virage, un cri : "Il est là!". Mon cœur fait un bond. Loin derrière les lignes électriques, les vieux piquets en bois et les panneaux de signalisation, le soleil entame son ascension. La course est lancée, nous nous élançons, le pas léger mais écrasées par la peur d'en louper la moindre seconde. La lumière pourrait nous brûler les yeux, mais comme les papillons de nuit, elle nous attire irrémédiablement.
Courir, pour aller au plus près du soleil. Rire du ridicule de la situation. Jubiler d'assister à un tel spectacle. S'émouvoir encore et toujours, face au lever du jour, au point d'en avoir les larmes aux yeux et le cœur au bord des lèvres. Être heureux de vivre, et d'être suffisamment sensible pour pouvoir encore et toujours s'émerveiller des choses les plus simples.

17 avril 2011

My Blood is Burning

Je suis tombée dessus par hasard. Perdue dans l'éventail désordonné des marques pages et des lettres, la missive boursoufflée attendait, aux côtés d'une vieille carte signée d'un "Je t'aime" qui garde, aujourd'hui encore, la page de certains de mes romans. L'enveloppe depuis longtemps ouverte était comme engorgée de tous les mots qu'elle contenait... Et de l'histoire qu'elle contenait. Je fis glisser la missive hors des anneaux qui la retenaient et j'en extrayais six pages et une carte, qui m'avaient laissée troublée et perplexe, il y a huit mois de cela.

Le petit "1" entouré, griffonné en haut de la page, ressemblait à un signe de 'Peace & Love' auquel il manquait une jambe. La comparaison m'arracha un sourire. Les récits de vacances ou les milles et uns bleus laissèrent vite place à une histoire. De cette lecture-là, je connaissais désormais l'issue et je savais surtout qui en étaient les protagonistes. Plus besoin de chercher les échos à la réalité, je vous voyais réinterpréter cette courte pièce dont je n'étais spectatrice qu'au travers de ces pages. "Elle avait profité de l'état dans lequel le deuil l'avait plongé, et lui avait profité de l'amour qu'elle lui portait pour se gorger de sa chaleur et de sa tendresse." Et, bizarrement, je me suis retrouvée dans ces mots parce que c'était ce qui s'était passé cet après-midi, dans le café. J'ai simplement réalisé que ce moment perdu hors du temps faisait écho à ton étrange histoire. Et ça m'a fait sourire.


26 mars 2011

Free like the wind

Les cris d'enfants ont disparu, chassés par un silence bourdonnant. Il fait froid, il fait nuit. Les lumières sont allumées, jetant leur lumière blafarde sur le bitume de la cour de récréation. Même les fantômes semblent avoir fui ces éclairages agressifs. L'école est sans vie, sans couleur. Les arbres nus lancent vers les étoiles leurs doigts fins, comme dans un appel à l'aide, derrière leur enclos. Mais qui les entendrait de là-haut? Le décor frémit sous le souffle du vent qui vient rafraîchir davantage l'air.
Et pourtant... Il y a ces sacs par terre. Ces pulls jetés au sol. Les ombres s'étirent sur les dessins peints sur le goudron, loin, très loin, jusqu'au grillage, à l'autre bout de la cour. Elles virevoltent, bougent, se transforment. Et s'immobilisent. Pour repartir de plus belle. Les dents claquent, le corps frissonne, mais qu'importe, la peau, nue, s'offre à l'air de la nuit. Car dans ses veines, la vie bouillonne et réchauffe ses membres engourdis par le froid. Les rires se perdent dans le ciel, sans un nuage pour les retenir. Ils rejoignent les étoiles, côtoyant probablement les cris des arbres.

Elles dansent sous la lune, comme des enfants.